Aujourd'hui :20 October, 2019

Celio Kouka, l’un des derniers co-fondateurs de l’orchestre OK Jazz, s’est éteint

Décédé depuis le 20 août dernier à Brazzaville (République du Congo), Célestin Kouka, alias Celio Kouka, a été inhumé le samedi 3 septembre, à Brazzaville. On ne le présentait plus. C’est l’un des vétérans de la musique congolaise et l’un des co-fondateurs de l’orchestre OK Jazz qui vient de nous quitter.

Né à Brazzaville le 5 février 1935, il est un chanteur de charme. Il est à la base de la création des plus grands orchestres brazzavillois et kinois des années 1950, notamment Cercul Jazz en 1954, OK Jazz en 1956 et Bantous de la Capitale en 1959.

Depuis l’enfance, sa mère lui dit qu’il sifflotait quand il arrêtait de téter. A 8 ans, son instituteur Nestor Mousoodia lui apprend à chanter.
En 1944, il intègre la chorale Saint François dirigée d’abord par le Père Burette et ensuite, par le Frère Roger Nkounkou. Qui est remplacé par l’abbé Fulbert Youlou devenu en 1960, le premier président de la République du Congo.

En 1946, Celio Kouka fréquente le petit séminaire de Mbamou où il continue de chanter dans la chorale. Il le quitte trois ans plus tard pour poursuivre ses études secondaires au Lycée Chaminade. Il s’exerce à interpréter des œuvres des vedettes de la chanson française telles que Luis Mariano et Tino Rossi.

Indiscipliné à l’école, il est renvoyé du Lycée Chaminade. Son cousin Sébastien Bikouta, qui revient de France, l’initie aux danses européennes. Sébastien Bikouta, connu sous l’appellation Biks, est un musicien polyvalent, qui chante, joue à la guitare, au saxo et à la batterie.

Dans cet orchestre, il trouve Michel Beniamino (devenu plus tard journaliste au Congo Vox, OZRT et RTNC, à Kinshasa) au chant, Boup Ousseinou à la guitare et Makouala au saxo. Ils jouaient dans une boîte de nuit située au camp des parachutistes.

Quand Bik’s est allé en France, il rejoint le Cercle culturel, un groupe qui joue la musique instrumentale. La même année, il monte le Cercul Jazz avec son ami Ferdinand Nkounkou, un steward à la compagnie française d’aviation Air France. Cercul Jazz est une contraction de Cercle culturel. Il est avec Mamadou Ntounta, Paul Nzoungou et Ndebeka à la guitare.

Il intègre l’orchestre de Biks en 1952 où il trouve Michel Beniamino au chant, Makouala au saxo et Boup Ousseinou à la guitare.

En 1953, Kouka intègre l’orchestre les Compagnons de la Joie (CDJ) d’Isidore Diaboua Lièvre. Ils se produisaient au bar Mon pays. Il est avec Diaboua, Essous Jean-Serge et l’accordéoniste italien Charly Ivorra. Le CDJ était managé par M. Guilleim de la Radio Brazzaville.

En 1955, il est engagé en qualité d’agent de l’administration du consulat de France à Brazzaville. Malgré son travail, il est intégré par ses amis de l’équipe de football le Racing Club de Brazzaville, Edo Ganga et Nino Malapet, dans l’orchestre Negro-Jazz patronné par M. Emile Faignond. Le siège de l’orchestre se situe à l’intérieur de « Chez Faignond », un débit de boissons appartenant à ce dernier.

En 1956, soit une année plus tard, l’orchestre s’installe à Léopoldville, capitale de Congo-Belge. Ils évoluent pendant une année au bar « Air France » du Camerounais Samuel Ebongue. A la mort de ce dernier, ils s’installent chez « Amouzou bar ».

En 1956, Edo Ganga l’incorpore dans l’écurie Loningisa de Basile Papa Dimitriou où il est avec Vicky Longomba, Franco Luambo, Loubelo Delalune, François Egbondu, Roitelet Moniania, Nicolas Bosuma Desoin, Essous Jean-Serge, José Lando Rossignol, etc. ils créent le groupe Bana Loningisa dit Bana Lopadi. Ils jouent chez OK bar, chez Cassien.

En juin 1956, ils montent l’orchestre OK Jazz à six : trois Léopoldvillois (Franco, Desoin Bosuma et Vicky Longomba) et trois Brazzavillois (Celio Kouka, Edo Ganga et Loubelo Delalune). Ils sont rejoints par d’autres amis, notamment Pandy Saturnin Ben et Essous. Ils lancent les chansons « Ezali se bofela » et « Georgine wa bolingo ».

Trois ans plus tard, en avril 1959, ils montent un orchestre en catimini. Célio Kouka est avec Edo Ganga, Essous Jean-Serge, Loubelo Delalune, Pandy Saturnin, Armando Brazzos, Dicky Baroza Tshilumba (le jeune frère de Tino Baroza).

Depuis le 4 janvier 1959, les Brazzavillois sont arrêtés au camp Kokolo(Kinshasa). Trois jours plus tard, l’abbé Fulbert Youlou intervient pour leur relâchement. Ils continuent les répétitions à Kinsuka jusqu’à leur départ pour Brazzaville. Franco Luambo, envoyé par Papa Dimitriou, va les reprendre. Ils continuent d’évoluer dans l’OK Jazz mais le climat politique ne faisait qu’empirer à Kinshasa et la grogne sociale montait de plus en plus. Ils regagnent Brazzaville.
Certains ont l’idée de remonter l’orchestre Negro Jazz. D’autres ont l’idée de créer un nouvel orchestre. Le deuxième groupe a raison. Ils montent officiellement l’orchestre Les Bantous de la Capitale qui fait sa sortie officielle le 15 août 1959. Leur mécène, c’est Emile Faignond. Essous Jean Serge lance la « Wa betu bantu » (Wa BB) et Célio lance « Bo komona », chansons enregistrées aux éditions Esengo à Kinshasa.

En 1972, Essous part en France et aux Antilles. La majorité de musiciens opte pour son remplacement par Ganga Edo, à l’exception de Nino Malapet. Il ya eu des revirements. Le Premier ministre Raoul convoque une réunion de conciliation. Edo Ganga va monter l’orchestre « les Nzois » et Célio Kouka, Pamelo Mounka et Kosmos Moutouari l’orchestre « Le Peuple » du Trio CePaKos. Les grands succès de Célio dans cet orchestre « Badia Nseke » et « Caprice » ont récolté un succès fou.

MCNTEAM / mediacongo.net

Source : 7sur7.cd

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