Aujourd'hui :14 October, 2019

Dos au mur, Kamerhe tiendra-t-il combien de temps? Une fois de plus, Vital Kamerhe est au centre d’une pression politique exigeant sa démission en République démocratique du Congo. Le puissant Directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi a déjà vu une telle tempête l’emporté en 2009. Combien de temps va-t-il tenir cette fois?

Y a-t-il un complot contre Vital Kamerhe? L’intéressé le confirme en tout cas. Cependant, la pression réclamant sa démission ne faiblit pas en RDC. Comme en 2009 à l’époque où il a été forcé à quitter son poste à la tête de l’Assemblée nationale, à la suite dune forte divergence avec le clan de Kabila, Kamerhe est poussé vers la sortie, Mais cette fois, c’est autour d’un scandale financier qui risque de définitivement l’emporter.

Jeudi à Kinshasa, dans un communiqué, les catholique du CLC sont allés jusqu’à menacer de descendre dans la rue. S’ils ne mentionnent pas nommément le nom de Vital Kamerhe, ils exigent néanmoins que les responsables cités dans le scandale de 15 millions de dollars soient suspendus.

Bien avant eux, c’est un groupe obscure, se présentant comme un “Collectif des avocats” du président Félix Tshisekedi qui a nommément demandé la démission du Chef du cabinet du président congolais. L’avocat du Président est toutefois venu démentir cette position, désavouant le groupe. Mais la position de Vital Kamerhe reste toutefois très fragilisée.

En effet, alors que Kamerhe assure que les 15 millions n’ont pas été détournés, le Chef de l’Etat évoque de son côté que le dossier est entre les mains de la justice qui enquête. Par ailleurs, selon le magazine Jeune Afrique, Marcellin Bilomba, conseiller financier de Félix Tshisekedi, a affirmé au Conseil national de sécurité (CNS), que dirige François Beya, que Vital Kamerhe a bel et bien détourné cette somme. “Bilomba a été à plusieurs reprises convoqué devant le CNS et aurait été contraint de s’y rendre quotidiennement. Selon nos sources, il n’a pas changé sa version et accuse toujours Vital Kamerhe, directeur de cabinet de Tshisekedi, d’avoir « détourné » cette somme”, affirment nos confrères.

Par ailleurs, outre le dossier des 15 millions, Vital Kamerhe a également été contredit dans son bras de fer avec les inspecteurs de l’Inspection générale des Fianances (IGF). Selon le Secrétaire général de l’IGF, Victor Batubenga, le président Félix Tshisekedi apporte également son soutien à ces enquêtes. “Kamerhe les a suspendus mais le chef de l’Etat m’a dit que les enquêtes se poursuivraient”, a déclaré par téléphone M. Batubenga, chef de l’IGF, à l’agence américaine Bloomberg.

M. Batubenga a en effet rencontré le président Félix Tshisekedi le week-end dernier. Au début du mois, il avait accusé les services de la présidence de l’avoir menacé, s’opposant à ses enquêtes initiées autour des dépenses publiques depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir. «Il [Le président Tshisekedi] m’a dit que nous ferions notre travail en toute indépendance et que nous inspecterions tous les ministères», a-t-il déclaré à nos confrères américains.

Dans un tweet, le porte-parole du président Tshisekedi a confirmé que la réunion avait eu lieu et que le président soutenait le travail de Batubenga. Le soutien aux enquêtes de l’IGF par le président Tshisekedi est un désaveu pour Vital Kamerhe, qui s’y opposait pourtant au nom du président congolais.

Le 9 septembre, le directeur de cabinet de Tshisekedi, Vital Kamerhe, a été cité par Jeune Afrique, affirmant qu’il avait suspendu l’enquête sur les dépenses du gouvernement. Kamerhe a décrit l’enquête comme un acte de «rébellion administrative» sans l’autorisation de la présidence.

Le président Félix Tshisekedi affirme par ailleurs, par la voix de son porte-parole, que Vital Kamerhe garde toujours sa confiance. Mais le Chef de l’Etat a mis un accent particulier sur la lutte contre la corruption ces derniers jours. Avec la rue et les catholiques qui réclament désormais ouvertement la démission des personnes épinglées, Kamerhe est de plus en plus dos au mur.

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